Demain, un mirage
Le futur est un mirage pour le Burundi. Face aux nombreux soucis auxquels fait face la population, visualiser un lendemain meilleur est un luxe des privilégiés. La blogueuse, malgré tout cela, va au-delà des frontières nationales et relève des problèmes similaires dans d’autres pays d’Afrique. Elle propose une solution qui en porte plusieurs et qui réformerait non seulement le Burundi, mais également l’Afrique : l’éducation…

« – Attends… C’est moi où nous sommes en pleine fournaise ? Il fait une de ces chaleurs ces
derniers jours ! Je n’en peux plus carrément !
– Il t’arrive de consulter ce que les experts disent sur le réchauffement climatique ?
– Bon, cela, ma belle, est le cadet de mes soucis. Tant que nous avons à manger, ces problèmes
concernent l’Occident. » Face au ridicule de cette réponse, je ne peux que sourire et me taire.
La nonchalance et le détachement des Burundais m’étonnera toujours. Pas d’étonnement qu’on ait si mauvaise presse ! Malgré le fait d’être le continent ayant la population la plus jeune au monde (onyelumelufoundation), l’Afrique demeure le continent de tous les maux. Comme quoi, qui dit jeune, dit bien bâti pour faire face à la dureté et aux coups de la vie. Nos sols et terres regorgent de ressources naturelles à vous exploser un grenier. Hélas, nous sommes ceux qui mangent les miettes qui proviennent des tables garnies, (une honte). À ceux qui nous conseillent d’investir sur notre matière grise, l’on répond que le gris n’a jamais été notre couleur favorite. Eh bien, on aura tout vu !
L’ivresse burundaise
Voici une petite fenêtre de mon pays, le Burundi. La misère dans laquelle croupit la majorité de la population burundaise l’empêche de voir que certains maux dont elle souffre, s’observent également sur le continent : la dévaluation de la monnaie au Burundi s’apparente à celle que
connait le Nigéria, les hausses de carburant sont semblables à celles du Cameroun, la crise
politique au Sénégal me rappelle celle du Burundi, en 2015. L’espoir de la jeunesse en un
lendemain meilleur se dissipe et plus encore pour les pays qui se trouvent en bas de l’échelle comme le Burundi, classé parmi les pays les moins développés par les Nations Unies. Malgré tout cela, nous arrivons à parler de tous ces maux, comme si cela se passait dans une autre contrée. L’ivresse nous a endormis. Nous sommes ivres de coups d’états, ivres de pauvreté, ivres de tueries et de douleur. La nonchalance avec laquelle nous racontons notre quotidien miséreux devrait être l’alarme qui déclenche des réactions à tous les niveaux. Nous sommes des lépreux qui s’assoient sur des plaies béantes, espérant qu’elles ne pourrissent pas et que l’odeur nauséabonde qui s’en dégage soit étouffée par notre postérieur. Un vrai déni, assaisonné de pincées d’illusion.
La question vous brûle, j’en suis convaincue. Je me la suis posée maintes fois : « Comment y
remédier ? » Je crois fermement que la situation dans laquelle vit la communauté burundaise
découle de plusieurs faits. Il n’y a pas de réponse toute faite, malheureusement. Mais avant de vous donner des pistes de solution, permettez-moi de vous tracer la trajectoire de ma pensée. J’ai d’abord pensé à la période des indépendances en Afrique. Ce que ces héros auxquels on voue des odes et des hymnes avaient en commun, outre un nationalisme messianique, était qu’ils faisaient partie de l’élite africaine, les instruits-érudits. Aujourd’hui, comme à leur époque, l’éducation est synonyme d’information : celui qui sait détient le pouvoir. Imaginez une situation où, dans l’allégorie de la caverne (Platon), les enchainés dans la caverne pouvaient savoir que ce qu’ils voient n’est qu’en réalité des détails de ce qu’est la vie, qu’au dehors la vie y est plus belle. La suite aurait été d’essayer de sortir de cette caverne pour croquer la vie à pleines dents, et non de la passer à contempler des ombres. C’est pourquoi, à mon humble – très très humble – avis, je présente la réforme dans l’éducation comme potentielle solution pour déraciner l’ensemble des maux dont souffre le Burundi.

Ce n’est pas sorcier
Quand j’étais petite, je me gavais des épisodes du documentaire « C’est pas sorcier » de Jamy, Fred et Sabine, car je trouvais passionnant de décortiquer un mythe, une légende ou une vérité et d’y trouver une logique assez étonnante (ou pas, j’avoue). Pour en revenir à notre sujet – je me la joue Sabine, ne me jugez pas -, comment réformer l’éducation au Burundi ?
D’abord, une façon de le faire est de mettre en place des systèmes qui permettent que l’éducation ne demeure pas un privilège des plus aisés. Dans les décennies précédentes, les écoles publiques offraient la chance à un nombre plus large d’élèves, de recevoir une instruction bien structurée et capable d’être un levier pour la suite du parcours. De nos jours, une bonne éducation est synonyme de sacs de lingots d’or, car ceci est un fait : il s’observe une dégradation accélérée de la matière dispensée et des façons/moyens de la délivrer au Burundi. Cette déclaration n’est nullement le résultat d’une étude conduite, mais un point de vue. Il devrait y avoir une équité et assurer les bonnes conditions de la base au sommet.
À VOIR
La détérioration de la qualité de l’enseignement devient de plus en plus inquiétante au Burundi
Le Singapour l’a très bien compris. Ne disposant d’aucune ressource naturelle, il a décidé d’investir sur le capital humain, comme l’écrit le site web Apolitical. De cette manière, ce pays sait qu’il peut attirer les investisseurs avec une main-d’œuvre de très haute qualité. Et devinez comment ils s’y prennent pour s’assurer d’avoir ce niveau de qualité auquel il prétend ? Ah bah voilà, on y est. L’éducation.
Ensuite, il faudrait vulgariser le savoir, l’éducation dans tous les milieux (urbanisés et ruraux) pour mettre en place un système qui offre des opportunités pour tous et pas que pour « les enfants de la ville ». Il est vraiment poignant de voir ceux qui proviennent des milieux ruraux se limiter quant à la poursuite de leurs études, visions et chemins de vie, car l’éducation y est or blanc.
En passant, même des thématiques auxquels l’on fait souvent allusion comme la bonne gouvernance, la santé, la protection de l’environnement, l’autonomisation de la femme et/ou de la jeunesse, et j’en passe, peuvent être améliorés grâce à l’éducation. Par ses tentacules, elle enrichit l’humain dans tous ses aspects. Bref, vous avez compris, n’est-ce-pas ?
Une énième sonnette d’alarme !
Nelson Mandela a dit : « L’éducation est l’arme la plus puissante que l’on puisse utiliser pour
changer le monde. » Si on essaie de décortiquer le monde, il est fait de cinq continents dont
l’Afrique. La même chose s’applique sur ladite Afrique : elle est composée de différents pays
dont le Burundi. Petit à petit, pas à pas, avec l’éducation, je crois que nous pouvons améliorer
la situation actuelle du Burundi, propulser l’Afrique, changer le monde et rendre fier Nelson
Mandela (de là où il est).
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